Comme le “on” sur ce blog correspond en fait à “Perrine” (j’ai appris ça ce week-end), je m’exécute et je mets un mot sur Londres. En fait, rien de très spécial à dire à part que j’ai inspiré la pitié d’une hôtesse de l’air (très sympathique pour une Anglaise :p) qui découvrait que Jérôme se vautrait en Business Class tandis que je tentais en vain de dormir en classe éco.
Ensuite, à part l’enregistrement, on a fait les touristes classiques, avec quand même un point à noter : il n’a pas plu. En fait ce voyage, c’était plus une occasion de voir ceux qui étaient là, y compris les invitées surprise (Aurélie) et surprise (de se retrouver avec nous, Anne-Elisabeth), et d’assister à un enregistrement hors pair. Ah et aussi d’encourager Bill à m’emmener avec lui à l’avenir pour prendre ses photos (c’est pas gagné mais j’y travaille sournoisement).
Les photos sont là (j’ai fait ma propre galerie photo vu que Jérôme n’aime pas mélanger les torchons et les serviettes) !
Voici donc le résumé de notre voyage à Londres.
Après s’être fait récupéré chez nous par un chauffeur, Perrine et moi sommes arrivés à LAX où nous avons sagement attendus, dans la “Business Lounge”, l’embarquement de notre avion. Bill ainsi que mon pote Thanh (qui était en charge de la copie) étaient là aussi.


Onze heures plus tard, et une bonne nuit de sommeil dans le lit-couchette de la classe affaire (dont Perrine n’aura hélas pas pu profiter), nous voici arrivés à Londres. Pas le temps de trainer; nous récupérons nos bagages et – après avoir passé rapidement la douane – nous partons avec le chauffeur venu nous chercher.
Une petite heure plus tard, nous arrivons à notre hôtel, le Landmark London. C’est un 5 étoiles très chic d’apparence, mais – au final – Perrine et moi avons été assez déçu. La chambre que nous avions était la moins chère ($600 la nuit tout de même !) et n’avait rien d’extraordinaire, si ce n’est la literie (ce qui est toujours ça de prit). Le petit-déjeuner n’était même pas inclut ! Pour ça, il fallait prendre la chambre supérieure… comme quoi, quitte à être riche, autant l’être vraiment. En attendant, c’était la production qui payait tout, donc on s’en fichait un peu.

Quelques heures plus tard, après avoir rapidement déjeuner dans une sorte de pub anglais, Bill et moi partons à Abbey Road pour installer tout notre matos, et Perrine part se balader avec toute la clique qui nous a rejoint de Paris (ma mère, ma soeur, ses parents, et Aurélie).
Première rencontre avec Abbey Road, donc. Très impressioné, je passe le hall d’entrée comme si de rien n’était (histoire de pas avoir l’air d’un touriste), et j’arrive au Studio 1, là où nous allons enregistrer. Tout est déjà prêt pour la session du lendemain, et la salle est vide. L’occasion de prendre quelques photos et de “tester” l’accoustique : tout en étant très silencieuse, la salle à une réverbération naturelle de ±3 secondes, ce qui est génial puisqu’il n’est donc pas nécessaire d’ajouter quoi que ce soit à la prise de son.



Thanh et moi nous baladons dans la salle et les pièces environantes l’air ébahis, mais il est temps de se mettre au travail. On est pas là pour glandouiller !

Une fois tout installé et testé, Thanh et moi partons rejoindre Perrine et les autres pour un diner léger dans un restau italien (bah oui, on allait quand même pas diner anglais !)
Réveil très tôt le lendemain, après une nuit passé à angoisser que tout était bien prêt et que je n’avais pas fait d’erreur dans mes fichiers. C’est donc sans assurance, avec le trac des grands jours, que je retrouve Bill dans le hall de l’hôtel et que je rentre dans le taxi anglais qui nous emmêne à Abbey Road.
Thanh étant sur place depuis une heure, il avait donc eu le temps de prendre plein de photos de l’entrée.



Il y a avait en fait trois sessions de trois heures ; la première session, avec l’orchestre au complet, commençait à 10h. À chaque session, nous “perdions” des musiciens. Bill et moi avions organisé l’ordre des cues à enregistrer en fonction des besoins, afin d’être sûr que nous n’aurions pas des musiciens payés à se tourner les pouces.

La première cue fut un choc terrible pour Thanh et moi qui étions dans la salle de contrôle. La qualité sonore était véritablement à couper le souffle. Nous étions tellement impressionés qu’on se regardait en souriant comme des idiots. Il faut dire que la salle de contrôle est drôlement bien foutue, avec un son multi-canal à tomber par terre : il y a beau avoir un bon mètre d’épaisseur de murs et de vitres traités accoustiquements entre la salle de contrôle et la salle d’enregistrement, on s’y croyait complètement. On était parfaitement entouré par le son, avec les enceintes arrières qui recréaient l’impression d’être physiquement “dans” la salle.
Mon boulot, durant la session, était principalement de prendre des notes et de donner à Bill des indications musicales pour l’aider à améliorer la qualité de l’enregistrement. Le problème c’est qu’au début, j’étais tellement impressioné que tout semblait excellent. Heureusement, après m’être habitué à la qualité intrasèque de la salle et des musiciens, il me fut plus facile de détecter les problèmes.


Onze heures plus tard, et après avoir terminé trois quart d’heures en avance, il était temps de remballer tout le matos et de dire au revoir à tout le monde. C’est donc avec tristesse – mais déterminé à y revenir ! – que nous avons quitté Abbey Road. Bon, je ne cacherais pas que nous avons un peu trainé dans les couloirs. J’ai même fait un rapide saut dans le Studio 2 (celui des Beatles !).



Une fois rassasiés (pizza…!), nous voilà de retour à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil. Car le lendemain, Bill et moi repartions directement pour Los Angeles (Perrine restait un jour de plus).
(La journée commenca d’ailleurs fort mal puisque le chauffe-eau de notre hôtel à $600 la nuit avait rendu l’âme, et qu’il fut donc impossible de prendre une douche. Avant un voyage de 12 heures, il faut avouer que ça ne met pas de très bonne humeur.)
Je pense qu’au final tout le monde était ravi de ce court moment à Londres. Bill est très heureux du résultat et l’équipe du film n’a pas arrêté de le féliciter. De mon côté, ce fut une chance de découvrir un lieu mythique de la musique – non seulement de la musique de film mais aussi de la musique classique et de la pop – et de participer à un enregistrement dans une salle techniquement au top. Il me faut aussi mentionner les ingénieurs de Abbey Road ainsi que notre ingénieur du son, qui étaient tous super sympas et à l’humour anglais inimitable !
Quel voyage !
(ps. Toutes les photos de Abbey Road sont accessibles sur ma galerie web. On postera également les photos de Londres d’ici quelques jours.)
… mais j’ai retrouvé ça en faisant du ménage sur mon ordinateur du bureau. Je me suis dit que j’allais vous le faire partager : après tout, c’est pas tous les jours qu’on a son nom dans une liste contenant des orchestrateurs / arrangeurs de légende, et à côté d’une image d’Ennio Morricone !

C’était à la fin de la retransmission de la 79ème cérémonie des Oscars, l’année dernière.
Nous voici donc de retour à Los Angeles, après un court séjour à Londres pour l’enregistrement de Victory, dont je vous parlerai en détails un peu plus tard (photos à l’appui !).
En attendant, Bill et moi avons immédiatement enchaîné avec l’étape finale (mais cruciale) : le mixage. Celui-ci est fait au studio par Joel Iwataki (qui travaille notamment pour Elliot Goldenthal, James Newton Howard, Harry Gregson-Williams, Klaus Badelt, Brian Tyler, feu Michael Kamen… bref, c’est pas un naze). Normalement, tout sera terminé samedi soir.
En même temps, je viens de commencer une nouvelle orchestration pour Pinar Toprak, sur le film Order of Redemption. L’enregistrement à Belgrade se déroule lundi après-midi donc ça ne me laisse pas beaucoup de jours pour orchestrer 25 minutes de musique. Heureusement que cette fois il s’agit juste d’un orchestre à cordes !
À venir prochainement, une autre orchestration pour Pinar (dont j’avais déjà parlé il y a quelques mois), et un nouveau film avec Bill. Ce dernier, qui s’i'ntitule “The Tale of Despereaux“, s’annonce déjà comme un projet passionant: film d’animation de studio (Universal), très gros budget, plusieurs jours d’enregistrement à Londres (youpi !)… mais j’en reparlerai