A la demande expresse de Jérôme, je vous annonce que nous rentrons dans moins d’un mois sur Paris (et oui, encore nous !).
Donc pour être complets, voici le programme : je rentre le lundi 17 en fin d’après-midi et Jérôme suit le jeudi 20. Pour le retour, ce sera le 31 décembre, dans le même avion.
Voilà , encore 10-15 jours qui s’annoncent chargés, mais on ne s’en plaint pas
Samedi matin, j’ai dirigé un orchestre de 42 musiciens lors d’une séance d’enregistrement d’une musique de film.
Le compositeur, un gars dont je n’avais jamais entendu parler (nommé Kurt Farquhar) avait demandé à Bill d’orchestrer sa partition. Il s’agissait en fait de la première fois en 15 ans de carrière que Kurt avait l’opportunité d’enregistrer une de ses musique avec un orchestre live (vive Hollywood).
Comme le budget était assez limité, la session n’était pas syndiquée ce qui signifie que Bill ne pouvait pas la diriger. En effet, les sessions non-syndiquées sont officiellement interdites aux membres du syndicat et il est donc déconseillé d’y participer quand on est très connu dans le milieu. Moi, de mon côté, je débute donc ça n’est pas vraiment un problème, personne ne viendra me chercher des noises.
Bref, donc, quand Bill m’a proposé de le remplacer, j’ai sauté sur l’occasion et j’ai évidemment dit oui. La session, qui devait durer trois heures – mais qui a dépassé les quatre heures au final – s’est très bien passée.
Pour s’assurer que la musique enregistrée soit parfaitement synchronisée avec l’image, trois procédés peuvent être utilisés lors d’un enregistrement de musique de film:
- La “click track“: chaque musicien (chef d’orchestre y compris) a un casque sur les oreilles et entend un métronome. Il n’y a pas mieux niveau précision, mais on peut perdre en qualité d’interprétation – le métronome ne permettant pas beaucoup de liberté.
- L’horloge: le chef d’orchestre se base sur un gros chronomètre pour synchroniser chaque mesure. Par exemple, la mesure 2 commence à 3 secondes et demie, la mesure 3 à 7 secondes, la mesure 4 à 12 secondes, etc. Il faut donc constamment adapter la battue pour être bien synchro. (pro ultime : John Williams).
- Les punches and streamers, que l’on pourrait traduire par “trous et bandes“; ce sont en fait des indications visuelles sur un écran qui permettent au chef de savoir si il est en retard ou en avance par rapport à l’image.
L’appelation remonte à l’époque où, pour arriver à l’effet voulu, on gravait a l’aide d’un scalpel une longue bande en diagonale sur 48 images successives de film (soit 2 secondes exactement) et on trouait l’image suivante (à l’aide d’une perforatrice). Le résultat est donc le suivant :
Bien sûr, aujourd’hui tout est informatisé et il n’est plus nécessaire de manipuler des bandes de film !
L’avantage du procédé c’est qu’il offre beaucoup de liberté d’inteprétation, tout en permettant d’être très précis si nécessaire. En effet, chaque streamer dure 2 secondes, et il suffit donc d’attendre suffisament sur le dernier temps d’une mesurepour tomber parfaitement sur le premier temps de la mesure suivante (caractérisé par le punch).
D’un point de vue technique, samedi, 7 cues étaient avec click track, et 3 cues étaient avec punches and streamers. Ces dernières sont toujours bien plus complexe à diriger, car on doit réussir à être synchrone tout en étant musical, et sans se perdre dans la partition. J’ai donc pu démontrer mon excellente préparation dans ce domaine
À voir bientôt sur IMDB : mon premier crédit comme chef d’orchestre