Musique


Bill et moi partons jeudi matin pour une série de master classes sur la Côte Est. Nous passons d’abord à New York, ou Bill donnera deux master classes à New York University.

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Puis, nous irons passer trois jours à Boston, pour 8 cours que nous donnerons à Berklee (dont trois tout seul de mon côté, comme un grand !). Je ne suis pas retourné à Boston depuis ma dernière année de cours ; ça va faire drôle de revoir la ville, l’écôle, les profs… :)

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Au menu: arrangements, direction orchestrale, orchestration, musique de film, écriture “contemporaine” (synthés / plug-ins), matos … On va bien s’éclater :)

Carl a enfin une source “indépendante” pour étayer ma page wikipedia: l’ interview que j’ai fait pour le site UnderScores.fr il y a six mois vient en effet de paraître ! En voici l’introduction :

Février 2009. C’est par l’un de ces heureux hasards de circonstances que l’auteur de ces lignes assiste, au terme d’une projection dans une salle parisienne, à un tableau peu commun. Alors que se déroule lentement le générique final du film d’animationThe Tale Of Despereaux (La Légende de Despereaux) et que la salle est déjà, comme à l’habitude, pratiquement désertée, un petit groupe de spectateurs resté sur place s’anime, chacun s’agitant sur son siège, portable en main pour certains, œilleton tourné vers l’écran, attendant assurément quelque chose… Et (surprise !) c’est lorsque apparaissent finalement les crédits musicaux que retentissent des applaudissements et des « bravo » enjoués… Un coup d’œil suffit alors à identifier le nom tant attendu : Jérôme Leroy.

Compositeur, orchestrateur et chef d’orchestre, ce parisien de 28 ans a vécu, en près d’une dizaine d’années, à force de travail et de volonté, ce qu’on peut appeler un véritable rêve hollywoodien. Aujourd’hui installé à Los Angeles, il est notamment devenu l’assistant personnel de William Ross et, en plus de croiser son nom aux côtés de ceux de compositeurs tels que Pinar Toprak (avec lequel il collabore régulièrement depuis trois ans), on devrait également le retrouver prochainement en charge des partitions de deux productions réalisées par Alex Kazan, Q For Death et Hilltop Cemetery.

En exclusivité pour les lecteurs d’UnderScores, Jérôme Leroy revient aujourd’hui sur ce parcours qui l’a mené du treizième arrondissement de Paris à « l’usine à rêves » américaine, nous livrant du même coup un regard passionné sur ce système musical hollywoodien qu’il vit de l’intérieur.

L’interview est assez longue car elle va de mes première sources “d’inspiration” jusqu’à mon travail aujourd’hui. J’espère que ça vous plaira… n’hésitez pas à me laisser vos commentaires ci-dessous :)

Interview sur UnderScores.fr

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Attention, chef d’oeuvre !

ps. Mais que fait Michel Drucker avec son ballon ?

Après une recherche infructueuse de la bande originale du dernier film de Pixar, “Up” (“Là-haut” en France), je lis sur un blog le message suivant :

Disney are reportedly no longer intending to release CDs, but only ‘digital downloads’. This is fine for those who are happy with compressed MP3 files with no physical media, but not for those of us who expect the higher quality of WAV files on a properly produced CD. 26 years after the introduction of CDs Disney is trying to force a move backwards in sound quality. They argue that a CD is no longer commercially viable, which is nonsense. Specialist companies such as FSM and Intrada make money out of limited editions of 3000 discs and less. Disney just can not be bothered with relatively small sales, and so treats its customers with contempt.

Traduction rapide :

D’après plusieurs sources, Disney n’a plus l’intention de sortir leurs bandes originales en CDs, mais uniquement en téléchargement sur Internet. C’est très bien pour ceux qui acceptent d’acheter des fichiers MP3 compressés sans support physique, mais pas pour ceux qui recherchent la qualité optimale sur un CD proprement conçu. 26 ans après l’apparition du CD, Disney fait un gigantesque pas en arrière au niveau qualité sonore. Ils considèrent que le CD n’est plus valable commercialement, alors que des compagnies spécialisées comme FSM ou Intrada font de l’argent sur des sorties à 3000 exemplaires, parfois moins. Disney ne veut tout simplement pas s’embêter avec des petites ventes, et donc dénigre ses clients.

Pour un CD qui a tout de même un fort potentiel commercial (en tout cas dans ce domaine), une nouvelle pareille ne peut que faire peur et annonce peut être le début de la fin. Si Disney commence à ne plus sortir ses B.O. que sur supports dématerialisés, il y a de fortes chances pour que le reste de l’industrie finisse par suivre.

Une bien triste nouvelle.

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PS. Le film est magnifique.

Rencontre aujourd’hui avec Pete Anthony, orchestrateur et chef d’orchestre pour Danny Elfman, James Newton Howard, Christopher Young, Marco Beltrami, John Powell, ou encore Marc Shaiman. Je l’avais contacté il y a quelques semaines complètement au hasard, histoire de voir si il n’aurait pas du boulot pour moi. Comme il partait en vacances, rendez-vous fut pris pour septembre.

Nous avons discuté pendant une petite heure et demie dans son studio à Malibu. Il est très, très sympa, même si il ne mâche pas ses mots et s’il n’hésite pas à critiquer sévèrement l’industrie du film à Los Angeles. On a un peu parlé de mon background, de ce que je faisais chez Bill (qu’il adore), de ce que je comptais faire plus tard, etc.

On a aussi abordé les difficultés politiques et diplomatiques que rencontraient les compositeurs aujourd’hui; il avait bien sûr plein d’anecdotes à raconter (notamment sur James Newton Howard lors de l’enregistrement de Unbreakable à Londres). Sans vouloir me décourager, il avait l’air assez négatif sur l’évolution du business et m’a bien fait comprendre qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que la relation compositeurs / producteurs s’améliore dans le contexte “films à gros budget.”

Afin de comparer le monde de l’orchestration et celui de la composition dans l’industrie actuelle, il m’a dessiné un rapide cercle sur un bout de papier, qu’il a divisé en deux partie inégales, une petite, et une très grosse. Il m’a ensuite expliqué que, selon lui, le monde de l’orchestration, c’est 90% de musique (“the good!“, me disait-il en pointant son stylo sur la grosse partie) et 10% de business (“the bad!“, en pointant son stylo sur la petite partie). Par comparaison, les pourcentages sont inversés dans le monde de la composition : c’est donc 90% de business (“the bad”) et 10% de musique (“the good”). Autrement dit, à moins d’aimer le business, ses défis politiques et diplomatiques, mieux vaut se méfier des films à gros budgets si l’on veut survivre comme compositeur à Hollywood.

Cela rejoint certaines de mes réflexions récentes sur le sujet, et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Tower of Power est un groupe très connu dans la sphère underground du funk et de la soul music. Cela fait presque trente ans que ses musiciens font des tournées dans les clubs spécialisés, les bars, les casinos, etc. Originaires de Californie, les membres du groupe en sont vite arrivés à jouer sur l’ensemble des États-Unis et plus tard dans le monde entier. Ils ont ainsi constitué, au fil des années, des légions de fans qui n’hésitent pas à faire plusieurs centaines de kilomètres pour aller les voir.

Tower of Power fut fondé en 1968 par le saxophoniste ténor Emilio Castillo, le saxophoniste baryton Stephen “Doc” Kupka et le trompetiste / trombonniste Mic Gillette. Bien évidemment, en 30 ans de carrière, le groupe a vu passer beaucoup de musiciens (plus d’une soixantaine) et a exploré beaucoup de styles différents (notamment le disco), bien qu’ils en soient toujours revenus à leurs racines: la soul music.

Bill étant un ami de “Doc” (Kupka), il a récemment travaillé avec lui sur son prochain album, “Doc Goes Hollywood“. J’ai donc apporté ma pierre à l’édifice en m’occupant, entre autres, de copier la totalité des partitions et des parties instrumentales pour la séance d’enregistrement. Pour me remercier, Doc m’a donné quatre billets pour un des concerts de Tower of Power en Californie, au Morongo Casino (situé à 90 minutes à l’est de Los Angeles). Nous en avons donc profité pour prendre quelques photos, ainsi qu’une vidéo d’une des chansons qui démontre une des spécialité du groupe : leurs “chorégraphies”.

Top1

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Aujourd’hui, je vais rendre visite à mon pote Herlen qui habite à côté de San Diego; ce soir, John Williams y donne un concert et nous avons acheté de pures places de ouf! Ca va être supra top. J’essaierai de prendre des photos, promis !

MASHAW!!!

Pour célébrer les 75 ans de John Williams (né le 8 février 1932), voici une vidéo de 10 minutes qui porte sur la musique de E.T. C’est en anglais, mais c’est drôlement bien.

Le syndicat des musiciens à Los Angeles organise, tous les deux mois, des sessions d’enregistrement à prix réduit (environ 5 fois moins chères) pour les compositeurs qui souhaitent améliorer leur book. Pour 2500$ environ, le compositeur à droit à une session de 25 minutes avec un orchestre de 70 musiciens (sélectionnés parmi les meilleurs d’Hollywood, ce qui n’est pas rien) et une équipe technique de choc (ingénieur du son, copiste, recruteurs, orchestrateur, chef d’orchestre).

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L’endroit où se passe l’enregistrement (qu’on appele un “scoring stage“) est Todd AO: c’est là qu’ont été enregistrées des B.O telles que Star Wars, The Color Purple, Empire of the Sun, Beetlejuice, Who Framed Roger Rabbit, The Abyss, Edward Scissorhands, JFK, Batman Returns, Scent of a Woman, A Nightmare Before Christmas, True Lies, Stargate, Braveheart, Congo, Judge Dredd, Apollo 13, Sabrina, Star Trek: First Contact, Face/Off, Godzilla, The Prince of Egypt, South Park, American Beauty, Erin Brockovich, Gladiator, The Hollow Man, Shrek, The Bourne Identity, Van Helsing, The Bourne Supremacy, Ray, Crash… Vous l’aurez compris, c’est un peu un lieu mythique !

Et comme chef d’orchestre, si on le souhaite, on peut avoir recours à Pete Anthony, qui n’est autre que l’orchestrateur et chef d’orchestre de gars comme Danny Elfman, Christophe Beck, Craig Armstrong, James Newton Howard, John Powell, Patrick Doyle, Marco Beltrami, etc. Ça rigole pas.

Seul bémol: en contrepartie du tarif très réduit, l’enregistrement final ne peut pas être utilisé dans un film commercial. L’idée est donc surtout d’augmenter l’impact de son CD ou DVD de démonstration (celui que l’on envoie aux réalisateurs ou producteurs). Voire tout simplement de se faire plaisir !

Mon pote Kyle a participé à la session de ce mois-ci, et m’a invité à venir y assister. J’en ai donc profité pour prendre quelques photos, et tourner une (courte) vidéo de Pete Anthony (voire page suivante).

Petite précision : avec la vidéo, vous verrez (et entendrez) ce que donne l’orchestre sur une 1ere prise. En d’autres termes, il n’y a pas eu de répétition : les musiciens jouent cette partition pour la 1ere fois; ils ne l’ont jamais vue (ni entendue) avant. Ils déchiffrent donc à 100%. Impressive.

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Juste un petit message pour dire que je viens de parler à Quincy Jones :D La classe.

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